Mondial 2026 : les Éléphants de Côte d’Ivoire privés de leurs supporters venus d’Abidjan

© 2026 Droits réservés/Binto Media Group

La Côte d’Ivoire disputera la Coupe du monde 2026 dans une configuration inédite. Pour la première fois de son histoire dans la compétition, la sélection ivoirienne ne sera pas accompagnée par une délégation officielle de supporters venue du pays. Faute d’avoir obtenu les visas nécessaires pour se rendre aux États-Unis, les membres du Comité national des supporters des Éléphants (CNSE) ont renoncé au déplacement, comme l’a annoncé ce 11 juin son président, Julien Kouadio Adonis.

Ce coup dur intervient alors que les champions d’Afrique s’apprêtent à entrer dans le tournoi avec de grandes ambitions. Habitués à se faire entendre dans les tribunes lors des grands rendez-vous internationaux, les supporters ivoiriens devront cette fois suivre les Éléphants à distance, laissant à la diaspora installée aux États-Unis la mission de porter les couleurs orange, blanc et vert dans les stades.

Un déplacement bloqué par les visas

Julien Kouadio Adonis a expliqué à l’AFP que les supporters ivoiriens avaient finalement abandonné leur projet de voyage, faute d’autorisation d’entrée sur le territoire américain. « Les supporters ont renoncé au voyage parce que l’État américain ne veut pas voir des supporters de certains pays dont la Côte d’Ivoire, sur son sol. Les États-Unis ont été clairs avec nous en disant qu’ils ne voulaient pas voir nos supporters », a-t-il déclaré. Les supporters ivoiriens Pour le CNSE, cette décision est vécue comme une profonde injustice. « Cette situation nous fait très mal car elle nous empêche d’accomplir notre devoir régalien, c’est-à-dire supporter notre équipe. Nous aurions pu présenter notre culture, notre savoir-faire en matière de supporter dans les tribunes » , a regretté Julien Kouadio Adonis. Dans l’imaginaire du football ivoirien, le supporter n’est pas un simple spectateur : il fait partie du décor, de l’énergie et de l’identité des Éléphants.

Près de 500 supporters espérés

Le CNSE espérait initialement mobiliser près de 500 supporters pour cette édition nord-américaine. Une ambition affichée dès le mois de mars par Julien Kouadio Adonis, dans la continuité des précédentes participations de la Côte d’Ivoire au Mondial, notamment en 2006, 2010 et 2014, où plusieurs dizaines de supporters avaient accompagné la sélection nationale. Finalement, seule une petite délégation d’officiels du CNSE a pu obtenir les visas nécessaires. Là encore, les démarches n’ont pas été simples. « Cela n’a pas du tout été facile pour obtenir les visas. Il a fallu discuter, négocier pour se faire entendre » , a expliqué le président du comité. Cette délégation réduite devra désormais jouer un rôle d’encadrement auprès des Ivoiriens résidant déjà sur le territoire américain.

La diaspora appelée à prendre le relais

Privés de leurs supporters venus d’Abidjan, les Éléphants devront compter sur la diaspora ivoirienne installée aux États-Unis. Selon les estimations du CNSE, plus d’un millier de supporters ivoiriens résidant sur le sol américain pourraient se mobiliser pour soutenir la sélection. Ce relais local pourrait limiter le vide dans les tribunes, sans toutefois remplacer l’ambiance organisée des groupes venus du pays. Cette absence officielle pèsera forcément sur le décor des matchs ivoiriens. Les chants, les danses, les tambours et la ferveur du CNSE font partie de la culture des Éléphants. Dans un Mondial où l’Afrique est représentée par dix sélections, l’impossibilité pour plusieurs centaines de supporters ivoiriens de voyager rappelle que l’enjeu de cette compétition dépasse aussi le terrain.

Une polémique de plus autour du Mondial américain

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour de l’accès au territoire américain. Plusieurs incidents ont déjà été signalés à l’approche du Mondial, dont celui de l’arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan, refoulé malgré un visa présenté comme valide, avant d’être finalement désigné par l’UEFA pour officier la prochaine Supercoupe d’Europe. Pour la Côte d’Ivoire, l’urgence est désormais sportive. Les Éléphants devront transformer cette frustration en énergie positive dès leur entrée en lice. Mais dans les tribunes, l’absence des supporters venus du pays laissera une trace visible : celle d’un Mondial présenté comme universel, mais dont l’accès reste, pour certains peuples du football, soumis à des frontières plus fermées que jamais.


Commenter l'article

Réagir

Ajoutez votre commentaire

Partagez une réaction, une information complémentaire ou un point de vue argumenté.

Commentaires 0

Plus récents

Aucun commentaire pour le moment.

Lancez la conversation avec un retour utile, une précision ou une réaction argumentée.

Déjà ...

00
Jours
00
Heures
00
Minutes
00
Secondes

Depuis l'entrée dans la
Ve Republique gabonaise