Il faut que les promesses d’aide à l’adaptation climatique pour les pays en développement soient tenues

Au moment où les effets néfastes du changement climatique s’intensifient dans le monde entier, les nations doivent augmenter les mesures pour aider les pays et les communautés vulnérables à s’adapter aux bouleversements climatiques, estime un nouveau rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publié jeudi.

Il ne s’agit plus simplement d’atténuer les émissions de gaz à effet de serre mais d’aider les nations à se préparer à une augmentation inéluctable des températures. Or l’aide financière nécessaire à cet effort est encore 5 à 10 fois inférieure aux besoins.

« Les besoins d’adaptation aux changements climatiques dans le monde en développement devraient monter en flèche pour atteindre 340 milliards de dollars par an d’ici à 2030  », a réagi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres. « Pourtant, le soutien à l’adaptation représente aujourd’hui moins d’un dixième de ce montant. Les personnes et les communautés les plus vulnérables en paient le prix. Et c’est inacceptable ».

A la veille de l’ouverture des négociations sur le climat à la COP27 à Charm El-Cheikh, le chef de l’ONU rappelle aux Etats membres que « l’adaptation au changement climatique doit être traitée avec un sérieux qui reflète la valeur égale de tous les membres de la famille humaine  », et qu’il est temps de procéder à une refonte de l’adaptation climatique mondiale « qui mette les excuses de côté et se serve des outils nécessaires pour résoudre les problèmes  ».

Urgence de l’adaptation face à la montée des périls

Selon les auteurs du rapport, les terribles inondations en Asie du Sud, la sécheresse qui dure depuis plusieurs années dans la Corne de l’Afrique et les vagues de chaleur qui ont touché l’hémisphère nord cet été témoignent de la montée des risques climatiques, alors que les Etats participant à l’Accord de Paris sur le climat prévoient un réchauffement de la planète de 2,4 à 2,6 degrés Celsius avant la fin du siècle.

Or l’augmentation des mesures d’adaptation dans les secteurs de l’agriculture, de la gestion de l’eau et des écosystèmes n’est toujours pas proportionnelle aux risques climatiques. Avant tout, les flux financiers internationaux destinés aux pays en voie de développement dans ce domaine culminaient à 29 milliards de dollars en 2020, une somme en augmentation de 4% par rapport à 2019, mais toujours infime au regard des besoins estimés entre 160 et 340 milliards de dollars d’ici à 2030 et dans une fourchette de 315 à 565 milliards d’ici à 2050.

Tenir les promesses du Pacte de Glasgow

De quoi justifier un appel de Inger Andersen, Directrice exécutive du PNUE aux nations pour qu’elles fassent suivre les fortes déclarations du Pacte de Glasgow en 2021, promettant un doublement des flux financiers pour 2025, par des actions fortes pour augmenter les investissements et améliorer les résultats de l’adaptation aux changements climatiques, dès la COP27.

Selon le rapport, le réchauffement planétaire inéluctable exige que l’adaptation occupe une place centrale, au côté de l’atténuation par les réductions de gaz à effet de serre, dans la réponse mondiale au changement climatique. Plus de huit pays sur dix, selon le PNUE , disposent d’au moins un instrument national pour la planification de l’adaptation, et ces instruments s’améliorent et deviennent plus inclusifs.

Montrer une volonté politique qui résiste aux crises éventuelles

Un tiers des 197 pays parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ( CCNUCC ) ont intégré des objectifs quantifiés et assortis de délais en matière d’adaptation aux changements climatiques. Parallèlement, près de 90% des instruments de planification analysés affichent la prise en compte de l’égalité des sexes et des groupes défavorisés, tels que les peuples autochtones.

Le rapport aborde aussi les compromis nécessaires entre l’adaptation au changement climatique et l’atténuation du risque climatique qui devrait avoir lieu dès la planification, le financement et la mise en œuvre. Il donne l’exemple du recours à l’hydroélectricité, qui réduit les émissions mais détruit des zones de cultures nécessaires à la sécurité alimentaire ; ou l’irrigation, qui exige une augmentation de la consommation d’énergie.

Les auteurs concluent qu’une forte volonté politique est nécessaire pour augmenter les investissements et les résultats en matière d’adaptation. Des crises telles que la guerre en Ukraine et la pandémie de COVID-19 ne doivent pas faire dérailler les efforts internationaux visant à accroître l’adaptation.


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